lundi 3 mars 2008

Notre engagement

En 2007, j’ai soutenu François Bayrou parce qu’il présentait avec franchise les crises de la société française : le manque de perspectives, le manque de fraternité, le creusement des inégalités. Il proposait de dépasser les clivages politiques pour répondre dans l’urgence mais aussi dans la réflexion, aux défis d’un nouveau siècle, où il faut agir de plus en plus vite.

Pour cela il faut veiller à la crédibilité de l’action de l’Etat. Or c’est exactement le contraire que montre Nicolas Sarkozy : on ne peut pas croire en sa sincérité.

On ne peut pas chercher à séduire ensemble les électeurs du Front National et ceux de François Bayrou, on se moque de tous alors, seulement pour être au pouvoir. Au pouvoir seulement pour dominer, et pas pour permettre à la société d’accéder aux possibilités de ce qu’elle veut entreprendre. Et si au lieu de d’ouvrir les bras le temps d’une campagne, on tendait sincèrement la main quand il le faut ? La fraternité est une valeur essentielle de la République, l’arrogance au contraire n’est pas un bon terreau pour elle.

Non seulement le pouvoir creuse les inégalités, mais symboliquement il s’est mis à parler aux riches comme on parle aux riches, et aux pauvres comme on parle à des pauvres. L’Etat s’est humilié devant les premiers, s’est montré humiliant face aux seconds. Son action n’est pas crédible.

L’alliance avec le parti de la « majorité présidentielle », même si maintenant il cache son nom, me semble tout à fait incompatible avec les engagements du Mouvement Démocrate.

Je sais qu’une large majorité des électeurs de François Bayrou ne veut pas de l’alliance avec l’UMP.

L’alliance avec l’UMP, tant pour les élections municipales que pour les élections départementales, ne résulte en rien d’un vote des adhérents, ils n’ont pas été consultés. Sur le fond, sans même revenir sur la forme, je conteste cette alliance. Je me félicite que la justice ait dit qu’il n’y avait là nulle atteinte à l’ordre public !

Le Mouvement Démocrate porte trop d’espoirs, trop d’énergies pour disparaître à peine né. Ce n’est pas un mouvement fatigué comme le sont devenus parfois les vieux partis, et il surmontera ses erreurs de jeunesse. Je pense que partout en France, et pas seulement à Chambéry, pas seulement en Savoie, tous ceux qui ont choisi de s’allier aux candidats de la majorité présidentielle seront désapprouvés par les électeurs pour leur manque de lucidité. Mais la relève est déjà là.

Pour Chambéry, j’ai choisi de soutenir avec Bernadette Laclais, le projet d’une économie sociale, d’une économie qui n’écrase pas où elle passe, mais qui cherche au contraire à comprendre le monde où nous vivons.

Mon engagement est le même pour la Savoie. Je ne veux pas qu’elle reste entre les mains d’un groupe dirigé par des leaders qui de notoriété publique se détestent entre eux, et ne s’entendent que pour garder le pouvoir. Je crois qu’il y aura une majorité au Conseil Général pour choisir une autre politique. Une politique orientée vers l’action, et pas par les ambitions.

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