vendredi 18 avril 2008

Aimé Césaire

La littérature prend la mesure du passage du temps. La mort d'un grand écrivain est un moment, une manifestation du temps.
Aimé Césaire était un poète, et un homme de gauche. Cela peut paraitre curieux d'associer la poésie et l'action politique.
Il était poète et "de gauche", parce qu'il voyait un monde meilleur sans les rapports de domination, ceux qui pèsent encore sur la "négritude", ceux qui dérivent d'un manque de représentation de ce qui s'est passé "dans le temps".
Il voyait le monde meilleur sans les séparations, sans les ségrégations, sans les humiliations, il le voyait dans la présence qu'offre le regard libre.
Je préfère ce regard à celui du "parti aristocratique", qui a aussi ses poètes, et ses adeptes.
Césaire a jeté un regard méticuleux et vif, un regard poétique, sur ce que "la gauche" peut signifier.
Evoquant la possibilité d'une panthéonisation, Didier Pobel reprend la formule de Malraux, "entre ici, Aimé Césaire". Le transport du corps n'est pas souhaitable, le tombeau d'Aimé Césaire est la poésie, mais de manière démocratique reconnaissons au-delà des partis, qu'à cette "bouillonnante clameur contre toutes les injustices", la patrie reste reconnaissante.
Michel Haudry

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