La démocratie est un combat, mené pour que l’aspiration légitime des Peuples au bonheur, ne soit pas le point de départ de leur asservissement. Les replis sur soi, individuels ou communautaires, l’oubli des solidarités, l’incapacité à donner de soi-même, tout cela conduit à des sociétés faibles, craintives, qui en appellent au pouvoir hypnotique des shows pour s’évader d’elles-mêmes, et à la répression pour se protéger.
On peut appeler ça berlusconisme, sarkozysme, despotisme de l’opinion…qu’importe, ce régime s’établit à l’ombre de la souveraineté du peuple.
Certains intellectuels en dérivent à nouveau une critique de la démocratie elle-même, tant mieux si cette critique permet aux Démocrates de développer leurs forces.
Le Projet d’espoir que le Mouvement Démocrates a porté avec François Bayrou, n’a rien de commun avec les tactiques un peu convenues et datées, de ce que fut « le Centre ». Le seul point commun c’est que si les Démocrates sont redevenus des révolutionnaires, ils ont horreur de la violence, ils n’appellent pas à verser le sang, ils comprennent la dimension tragique de notre histoire, ils y font attention.
Mais l’horreur de la violence ne justifie pas la mollesse des idées. La droite qui aujourd’hui, que ce soit par conviction, par veulerie, ou par intérêt, se retrouve dans le projet d’une société gérant les égoïsmes, doit être combattue. Le « centrisme » n’a rien d’estimable s’il n’est que l’alibi d’une faiblesse des engagements. Je n’ai pas eu de complaisance pour cette espèce « d’extrême-centrisme » qui se voudrait plus pur, il a la même ambiguïté que tous les extrémismes, il se refuse à voir, il invoque des prétextes à ce refus. L’esprit de la démocratie n’est pas de mélanger les lumières et les ténèbres, mais de les distinguer.
Notre engagement politique est d’abord humaniste si l’on comprend par là que les situations sociales de domination n’ont pas de prise sur un jugement qui veut être éclairé. Cet engagement peut transformer les rapports sociaux comme les rapports des hommes à la nature, mais il faut « y aller », il faut le vouloir. Le projet des Lumières, à l’origine de la démocratie moderne, est toujours à réinventer. C’est un projet qui n’a pas les idées fixes, il fait appel à l’imagination et à la réflexion critique, pour accompagner la liberté humaine dans l’histoire qu’elle construit.
Les Démocrates ont pris de la distance à l’égard des appareils politiques qui n’ont en vue que la prise du pouvoir. Notre combat est différent, il est de rendre à une société de femmes et d’hommes libres, le pouvoir d’agir ensemble.
Michel Haudry

4 commentaires:
Stop les insultes aux militants du Modem :
Comment pouvez-dire que ceux qui ont refusé les alliances à droite, comme à gauche, relèvent du purisme, de l’extrémisme ? Il est trop facile de caricaturer et rabaisser les opinions différentes ou adverses. Vous remplacer l’argumentation par le mépris et l’insulte. Cette méthode n’est pas digne du débat démocratique. Vos propos ne sont pas dignes de la démocratie délibérative que vous appelez de vos vœux. Vous êtes vraiment resté dans la politique politicienne de base ; celle dont les Français ne veulent plus (au moins 18% d’entre eux en 2007).
Prière de rester cohérent et respectueux. « L’esprit de la démocratie n’est pas de mélanger les lumières et les ténèbres » ou les idées et les insultes !
Je serais tenté de dire que votre commentaire, cher anonyme, est une illustration de ce que les Démocrates doivent éviter : le néant de la pensée (accompagné d'outrages à la langue), balancé par l'appel à une sensiblerie de show TV.
Je ne vois pas la moindre insulte dans le texte que je propose, et vous ne faites que montrer par le commentaire que vous lui opposez, combien il y a de mérite à cette retenue.
Je recommence et vous cite: "Je n’ai pas eu de complaisance pour cette espèce « d’extrême-centrisme » qui se voudrait plus pur, il a la même ambiguïté que tous les extrémismes, il se refuse à voir, il invoque des prétextes à ce refus. L’esprit de la démocratie n’est pas de mélanger les lumières et les ténèbres, mais de les distinguer." Qui mélange le plus ici? C'est indirectement insultant pour ceux qui ne veulent suivre ni l'alliance à droite ni votre alliance personnelle avec la gauche. C'est rabaisser une position ni puriste ni extrémiste, mais probe, mais AUTONOME. Quant à réduire l'objection d'autrui au néant de la pensée, cela me paraît peu rationnel et peu démocrate. Je suis désolé de critiquer vos opinions et jugements de valeurs subjectifs. Et puis de quel autorité jugez-vous la pensée d'autrui pour la comparer à du néant? Mais pour qui vous prenez-vous à juger les autres sans cesse? D'où vient ce mépris de ceux qui ne pensent pas comme vous?
La réponse est tardive, je m'en excuse, mais elle vient.
J'ai du respect pour la pensée, et c'est pourquoi je sais qu'elle ne peut pas être "comme la mienne". Votre accusation n'est pas comme il pourrait sembler "une insulte", mais une ignorance de ce dont il s'agit.
Comme le degré zéro de l'écriture, le néant de la pensée existe bien, si l'on peut dire, comme refus du "jugement subjectif", comme soumission à la mode ou à la rumeur. Cela n'a rien de "probe", ni "d'autonome", mais conduit au contraire à faire de l'accusation une position.
Il faut que j'écrive quelque chose sur "l'extrême-centrisme", en prenant garde de ne pas l'insulter, certes, mais sachant qu'il ne m'est en rien sympathique.
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