samedi 26 janvier 2008

esquisse d'une démocratie délibérative

Ce que l'homme fait dépend beaucoup de ce qu'il est. Il faut donc penser ensemble l'environnement, l'éducation, et les comportements sociaux.
Il y a des urgences à très court terme, qui relèvent souvent d'une expertise technique. Mais les citoyens doivent pouvoir contrôler et évaluer les choix.
Les démocrates doivent veiller à la sincérité de l'information, à son accessibilité sociale, ils doivent maintenir un espace public de délibération.
Le rapport à la nature est bouleversé par les rapports de domination. Les hommes ne redeviennent eux-mêmes que dans un rapport d'égalité. Si l'équité suppose que les mérites soient reconnus et les difficultés prises en compte, l'égalité reste le principe d'une éducation démocratique. Celle qui développe l'humanité plutôt que les talents de comédien.
La capacité d'évaluer, de mesurer la valeur des choses dans leurs finesses, avance à taton. L'injustice la heurte. L'éducation doit redevenir l'exemple de relations de confiance à l'intérieur de notre société. Toutes les compétences et tous les moyens nécessaires doivent être mobilisés là où l'Ecole échoue à ouvrir le monde en ouvrant l'esprit.
La crise financière actuelle montre comment fonctionne un système qui s'aveugle sur les "fondamentaux", aussi bien sur les déficits que sur la précarité que l'on peut exploiter financièrement.
Aussi lourdes qu'en soient les conséquences, la spéculation reste un jeu, on ne peut pas jouer l'histoire de la même façon. La démocratie délibérative est le projet de penser l'histoire que nous voulons, de chercher à comprendre mieux ce qui se passe, d'oser nous y engager.
Michel Haudry

Changer la politique

La règle de parité a quelque chose de technique. Elle était sans doute nécessaire pour obliger les partis politiques à changer leurs habitudes, ce qu'ils n'aiment guère. Mais la loi ne donne pas de signification à cette parité. C'est dans la société qu'elle se forme. Il serait suspect de se contenter de la mise en scène d'une parité un peu niaise.
Les femmes sont en mesure, pour des raisons qui ne sont peut-être que culturelles, d'améliorer l'action politique.
Beaucoup trop d'énergie est perdue dans des rapports de domination, qu'ils soient stratégiques, misérables, ou spectaculaires. Les hommes font encore les mâles entre eux à tous les étages.
Ce n'est pas sain. Notre rapport à l'avenir doit retrouver un "centre de gravité". Pour que l'action soit efficace et juste.
Michel Haudry