jeudi 7 février 2008

Retour sur : la dette

On n'aurait pas cru que la dette soit une question à mettre en avant dans une campagne. Un truc à rendre folles les agences de communication. "La dette t'es fou, c'est chiant", ils parlent comme ça dans la communication, on n'est pas poussé à insister.
Vent debout, François Bayrou y est allé quand même. Et on l'a entendu. Parce que la dette dont il parlait n'était pas ce qu'ils croyaient, celle qui accable les pauvres gens, et pousse les autres cupides à l'ivresse spéculative. Les démocrates ne confondent pas les chiffres qu'ils observent avec le monde dans lequel ils vivent. Ils essaient de ne pas devenir fous.
La dette est la marque d'une responsabilité à l'égard des générations qui suivent. François Bayrou a parlé de tout cela, on ne croyait peut-être pas le Peuple en mesure de se saisir de cette responsabilité, ou bien, peut-être encore, on se faisait à l'idée de l'en dessaisir. Voilà qui ne fait faire qu'un tour au sang des Démocrates. La dette pèse sur l'avenir, où la vie continue, la vie qui vaut mieux, on a raison de le dire, que les profits d'une minorité. Il faut s'imaginer que le Peuple est bien sot pour croire qu'il ne l'a pas compris.
La dette, c'est d'abord le risque sur la nature dans son ensemble, le risque d'une extinction de la vie du fait de l'homme, de notre fait. C'est aussi la situation d'une société qui se délite, où l'on soupçonne que l'homme puisse devenir un loup pour l'homme. C'est la dette éducative à l'égard des enfants qui n'ont pas appris à lire ni à penser. C'est la dette comme responsabilité à l'égard du monde vrai dont parlent les Démocrates.
C'est ce monde qu'ils vont défendre face à un pouvoir qui se joue de lui.
Vous utilisez le chiffre, en voici, à Chambéry l'autofinancement brut dépasse le remboursement du capital emprunté. Quand on déchiffre, cela veut dire que la dette est maîtrisée et pas en spirale, d'un point de vue financier, c'est la différence entre l'art et la catastrophe. Et cela nous permet d'être dans une ville qui s'embellit, où chacun peut se sentir respecté, du moins mieux qu'ailleurs, dans une ville qui veut encore être améliorée, mais qui se sent bien.Il faut craindre la monnaie de singe, mais il est prudent d'emprunter pour investir.
Michel Haudry