mardi 27 mai 2008
L'autonomie du MoDem
La difficulté aujourd'hui, pour le MoDem, est de poursuivre le chemin. L'autonomie n'est pas un projet réaliste si l'on ne dispose pas d'orientations.
En politique, comme dans la vie économique, l'innovation permet une "rente de situation", dont la durée s'abrège dans les sociétés contemporaines. Nicolas Sarkozy a déjà mis en scène les idées de François Bayrou, et au Parti Socialiste elles ont permis à de nombreux dirigeants de s'émanciper de la vieille rhétorique de la gauche, pour proposer désormais un discours proche du nôtre.
Si nos idées n'avancent plus, ne vivent plus, on pourra toujours se lamenter, le MoDem aura eu la grande utilité de faire évoluer la vie politique française, il n'aura pas d'avenir. Depuis un an nous avons beaucoup discuté de nos statuts, beaucoup clamé un désir d'autonomie, mais nous n'avons pas porté d'idées neuves.
Jusqu'en 2007, c'est François Bayrou qui a développé les idées et le style dans lesquels tant de nos concitoyens se reconnaissent. Pour cela il conserve beaucoup d'estime dans l'opinion, et nous devons lui laisser la possibilité de nous étonner encore. Mais le Mouvement Démocrate doit aussi devenir un parti de militants actifs.
Pour ce qui concerne notre Région, à Lyon, à Grenoble, à Chambéry, nous participons à des executifs municipaux de gauche. De cette gauche intelligente et ouverte qui apprécie nos idées et les partage pour l'essentiel. Il n'y a pas d'incompatibilité entre l'autonomie et l'alliance. C'est particulièrement vrai aujourd'hui quand le programme de Nicolas Sarkozy, tel que les observateurs du monde entier l'ont reconnu, est de transformer la France en société de marché, sur le modèle anglo-saxon. Il y a là un enjeu historique tel, que le refus de s'engager ou de conclure les alliances nécessaires, relève de la pusillanimité.
Les élections municipales conservent néanmoins des spécificités locales, et je comprends bien qu'ici ou là des militants du MoDem aient estimé que le candidat le plus crédible, le plus souhaitable pour leur commune, ait été celui de l'UMP. J'ai même soutenu l'idée que l'on accepte officiellement la liberté de choix qu'un peu partout en France nous nous sommes accordés de toutes façons. Il y a là une idée neuve pour un parti politique.
A Chambéry, si j'avais estimé que Xavier Dullin était le meilleur candidat, je n'aurais pas rejoint Bernadette Laclais. Et si j'avais pensé que moi-même, ou un autre de notre Mouvement, pouvait être le meilleur pour Chambéry, alors je me serais engagé sur la voie de l'autonomie. Juger en fonction de ce qui sera le mieux pour ses concitoyens, c'est aussi une idée qui n'est pas très répandue dans la vie politique (où les intérêts de "clans" prédominent souvent), pourtant elle est très appréciée dans la population.
Pour les temps qui viennent je propose aux adhérents et aux sympathisants du MoDem quelques orientations.
1- Nous voulons dépasser la "bipolarisation" de la vie politique, non pas pour la remplacer par une absurde "tripolarisation", mais par une nouvelle intelligence de la démocratie. J'ai proposé la notion de démocratie délibérative, pour marquer une distinction avec celle de démocratie participative, chère à Ségolène Royal : le risque de substituer le règne de l'opinion (c'est-à-dire pour l'essentiel celui de la télévision), à celui des partis, ne me semble en effet pas mince. A mon sens, le projet de démocratie délibérative repose en priorité sur une volonté éducative, sur un renouvellement du travail de réflexion dans les partis politiques, et sur une meilleure reconnaissance des citoyens actifs par les pouvoirs.
2- Nous acceptons que certains d'entre nous aient choisi d'être candidats, et parfois aient été élus, avec l'UMP, dès lors qu'ils affirment, comme le font d'ailleurs certains responsables de ce parti, leur opposition au programme de Nicolas Sarkozy. Nos choix face aux enjeux majeurs de l'histoire qui se fait ne peuvent pas être ambigus.
3- Le danger qui menace le plus nos démocraties aujourd'hui, est celui de la rapidité avec laquelle peuvent survenir des crises, écologiques, économiques, ou sanitaires à l'échelle mondiale. Notre Mouvement, à cet égard, doit être un éveilleur de consciences et de responsabilités. Il doit être un Mouvement de militants.
4- Les Démocrates sont des militants qui prennent au sérieux les principes de la République, non pas seulement d'une manière formelle, mais dans l'attention à tous les obstacles que l'on peut comprendre et combattre à leur réalisation.
5- Nous acceptons, reconnaissons, apprécions en notre sein la diversité des philosophies politiques et des expériences humaines de chacun. Notre richesse est de reconnaître que nous ne pensons pas du même point de vue, mais avec une même humanité. La France, si elle retrouve le sens de la fraternité, de l'amour de différences à la fois mystérieuses et bien connues, peut encore éclairer le Monde.
Voici, formulées rapidement, des idées, des orientations, qui me semblent essentielles pour que la question de notre "autonomie" ne soit pas qu'un mot de politique interne entre initiés, entre "modemologues", mais une évidence pour nos concitoyens.
L'avenir de notre Mouvement est sans garantie : il est entre nos mains.
Michel Haudry
mercredi 21 mai 2008
Aux Démocrates
mardi 6 mai 2008
La démocratie est un combat
La démocratie est un combat, mené pour que l’aspiration légitime des Peuples au bonheur, ne soit pas le point de départ de leur asservissement. Les replis sur soi, individuels ou communautaires, l’oubli des solidarités, l’incapacité à donner de soi-même, tout cela conduit à des sociétés faibles, craintives, qui en appellent au pouvoir hypnotique des shows pour s’évader d’elles-mêmes, et à la répression pour se protéger.
On peut appeler ça berlusconisme, sarkozysme, despotisme de l’opinion…qu’importe, ce régime s’établit à l’ombre de la souveraineté du peuple.
Certains intellectuels en dérivent à nouveau une critique de la démocratie elle-même, tant mieux si cette critique permet aux Démocrates de développer leurs forces.
Le Projet d’espoir que le Mouvement Démocrates a porté avec François Bayrou, n’a rien de commun avec les tactiques un peu convenues et datées, de ce que fut « le Centre ». Le seul point commun c’est que si les Démocrates sont redevenus des révolutionnaires, ils ont horreur de la violence, ils n’appellent pas à verser le sang, ils comprennent la dimension tragique de notre histoire, ils y font attention.
Mais l’horreur de la violence ne justifie pas la mollesse des idées. La droite qui aujourd’hui, que ce soit par conviction, par veulerie, ou par intérêt, se retrouve dans le projet d’une société gérant les égoïsmes, doit être combattue. Le « centrisme » n’a rien d’estimable s’il n’est que l’alibi d’une faiblesse des engagements. Je n’ai pas eu de complaisance pour cette espèce « d’extrême-centrisme » qui se voudrait plus pur, il a la même ambiguïté que tous les extrémismes, il se refuse à voir, il invoque des prétextes à ce refus. L’esprit de la démocratie n’est pas de mélanger les lumières et les ténèbres, mais de les distinguer.
Notre engagement politique est d’abord humaniste si l’on comprend par là que les situations sociales de domination n’ont pas de prise sur un jugement qui veut être éclairé. Cet engagement peut transformer les rapports sociaux comme les rapports des hommes à la nature, mais il faut « y aller », il faut le vouloir. Le projet des Lumières, à l’origine de la démocratie moderne, est toujours à réinventer. C’est un projet qui n’a pas les idées fixes, il fait appel à l’imagination et à la réflexion critique, pour accompagner la liberté humaine dans l’histoire qu’elle construit.
Les Démocrates ont pris de la distance à l’égard des appareils politiques qui n’ont en vue que la prise du pouvoir. Notre combat est différent, il est de rendre à une société de femmes et d’hommes libres, le pouvoir d’agir ensemble.
Michel Haudry
vendredi 18 avril 2008
Aimé Césaire
Aimé Césaire était un poète, et un homme de gauche. Cela peut paraitre curieux d'associer la poésie et l'action politique.
Il était poète et "de gauche", parce qu'il voyait un monde meilleur sans les rapports de domination, ceux qui pèsent encore sur la "négritude", ceux qui dérivent d'un manque de représentation de ce qui s'est passé "dans le temps".
Il voyait le monde meilleur sans les séparations, sans les ségrégations, sans les humiliations, il le voyait dans la présence qu'offre le regard libre.
Je préfère ce regard à celui du "parti aristocratique", qui a aussi ses poètes, et ses adeptes.
Césaire a jeté un regard méticuleux et vif, un regard poétique, sur ce que "la gauche" peut signifier.
Evoquant la possibilité d'une panthéonisation, Didier Pobel reprend la formule de Malraux, "entre ici, Aimé Césaire". Le transport du corps n'est pas souhaitable, le tombeau d'Aimé Césaire est la poésie, mais de manière démocratique reconnaissons au-delà des partis, qu'à cette "bouillonnante clameur contre toutes les injustices", la patrie reste reconnaissante.
Michel Haudry
jeudi 17 avril 2008
Orientation politique
En 2007, après l'élection présidentielle, la plupart de nos députés ont rejoint Nicolas Sarkozy en fondant le Nouveau Centre. Ils ont ainsi facilité leur réélection en devenant les candidats de la droite face à la gauche. En 2008, la plupart de nos élus locaux ont adopté la même stratégie, mais en restant au MoDem. L'UMP leur laissait quelques sièges, et en échange espérait attirer notre électorat. Ce fut un marché de dupes, parce que les électeurs sont libres. Dans leur grande majorité, les électeurs de François Bayrou n'ont pas voté pour la droite.
Je suis bien convaincu que l'opposition droite-gauche ne suffit pas à penser la complexité des choix politiques dans une société moderne. Le Mouvement Démocrate ne doit pas renoncer à porter les innovations politiques qui permettront d'aller plus loin dans l'expression de cette complexité. La démocratie délibérative doit permettre d'engager la diversité des intelligences pour relever les nouveaux défis du monde.
Mais tant que la droite, en France comme en Italie, reste liée à des pratiques dangereuses pour la démocratie, l'opposition à sa politique est une priorité. Sarkozy, Berlusconi, et leurs émules, confondent l'information d'une société libre avec la manipulation des intelligences par les chaînes qui préparent l'esprit à recevoir la publicité, ils confondent le monde des affaires et celui où nous vivons tous, ils veulent gouverner leurs pays, leurs régions, leurs villes, comme on gère des entreprises privées, ils méprisent les faibles, les fragiles, font la vie dure aux pauvres, ont l'arrogance des parvenus.
Cette droite-là gène, on le sait bien, jusqu'à certains responsables de l'UMP, mais s'ils sont responsables qu'ils le disent haut et fort. Quant à ceux qui lui ont apporté le soutien du Mouvement Démocrate...vraiment je ne sais pas où ils avaient la tête!
M.H.
lundi 24 mars 2008
Agir en Démocrates
Et puis, comme les Chambériens le savent, notre équipe municipale m'a confié des délégations à l'enfance, la jeunesse, la vie étudiante, et aux structures socio-culturelles. Ce sont des dossiers que j'ai voulu ouvrir sans tarder.
Les âges dont je m'occupent passent vite, et ils sont décisifs pour la vie. Je vais prendre le temps d'écouter ceux qui œuvrent sur le terrain. Je me méfie de la désillusion qui menace toujours un excès d'enthousiasme pour ses propres idées. L'action politique doit tenir compte de l'épaisseur du réel, de sa profondeur, de sa sensibilité. C'est à mes yeux le premier principe de la démocratie.
Le second, c'est que les élus doivent faire partager le plus largement possible dans la société leur volonté d'agir. Offrir à chacun le pouvoir d'agir, plutôt que de le prendre à tous. C'est cela que nous avons affirmé dans l'Appel des Démocrates. Cette liberté guidera nos pas.
Ne croyez pas que cela demande un courage particulier : il y a plus de peine à étouffer ses convictions qu'à les vivre.
dimanche 16 mars 2008
Au soir du 2ème tour
La plupart de nos Parlementaires nous ont quittés pour se rapprocher du pouvoir. Restaient dans beaucoup de départements des notables plus modestes, qui ont au bout du compte adopté la même attitude que le "nouveau centre"... en utilisant le nom du MoDem.
Ce que nous avons vécu en Savoie n'est pas un cas unique, hélas. Le président de l'ancienne UDF s'est allié en notre nom avec toute la droite départementale. Pour les électeurs de François Bayrou que j'ai eu l'occasion de rencontrer, ce spectacle a été pénible, a résonné comme une trahison. Je ne les ai pas démentis, j'ai rajouté qu'il était grotesque. Grotesque parce que Patrick Mignola n'a pas manifesté jusqu'alors beaucoup d'estime, c'est le moins que l'on puisse dire, pour Michel Bouvard, Xavier Dullin, Luc Berthoud, Jean Bollon, etc..., et que les élans du cœur qu'il a feints à leur égard, n'avaient pour but que la vice-présidence du conseil général, et la présidence de Chambéry Métropole.
J'ai eu l'occasion d'en entendre d'autres que lui, qui prenaient tout le monde sauf eux pour des imbéciles. Ils ont terni notre image. La démocratie est une urgence, nos actes nous menacent, le désir de domination est un danger. Les démocrates n'agissent pas ainsi.
Je le dis aux amis de Patrick Mignola comme je l'ai dit à ceux qui voulaient se réclamer du MoDem à La Motte Servolex, la démocratie a besoin de paroles libres, pas de "grandes gueules". Les Démocrates sont des partenaires exigeants, pas des maquignons entêtés.
Alors bien sûr, c'est dommage et c'est injuste, que François Bayrou ait eu à payer le prix de ces médiocrités avec lesquelles il n'a rien à voir, ni lui, ni les millions de gens qui partagent ses convictions.
Mais le Mouvement Démocrate est une force naissante, encore fragile, comme notre siècle, qui n'a pas dit son dernier mot.
mercredi 12 mars 2008
MOBILISATION
Deux projets de société s’opposent très clairement depuis les élections présidentielles. Celui porté par Nicolas Sarkozy et l’UMP vise à adapter notre société à l’économie de marché mondialisée. François Bayrou et Ségolène Royal ont proposé, au contraire, de maîtriser les mécanismes qui écrasent la vie réelle des gens. Il y a des différences que je n'ignore pas entre le MoDem et le PS, mais il faut distinguer le secondaire de l'essentiel.
Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, les inégalités s’accroissent, l’éducation est malmenée, les services publics de proximité sont menacés, la mise en scène du pouvoir se substitue à l’analyse des problèmes réels.
C’est le contraire qu’il faudrait pour faire repartir la France, pour libérer ses forces. Les collectivités locales ont les moyens d’y contribuer.
J’invite tous les électeurs Démocrates à se mobiliser, à mobiliser leurs amis, pour faire barrage aux candidats de la majorité présidentielle dimanche prochain : en particulier à La Motte-Servolex, à Saint-Jean de Maurienne, et dans tous les cantons où il reste possible de faire basculer la majorité du Conseil Général. La démocratie repose sur la conviction et la mobilisation de chacun.
lundi 10 mars 2008
Démocrates:le retour
Les élections ont eu lieu, la vie reprend son cours. Je salue d'abord le superbe succès de Bernadette. Il est mérité, parce qu'il s'est fondé sur une relation sincère, sérieuse et franche avec les électeurs.
Aux élections cantonales, nous avons avec Cathy, dépassé les 11% des suffrages, un score supérieur à celui du MoDem aux dernières élections législatives. C'est sur un projet Démocrate que les électeurs nous ont fait confiance. Qu'ils soient assurés de notre sincère reconnaissance.
La direction provisoire du MoDem a fait des choix qui nous ont exposé au ridicule. Je ne pense pas que les époux Bollon puissent être notre seule représentation "légitime" à Chambéry.
J'ai déjà dit et je le redis, que ceux qui ont accepté de s'allier en 2008 avec un parti qui en 2007 draguait les électeurs du FN, ont peu de légitimité pour représenter le Mouvement Démocrate. Je suis heureux qu'ils aient perdu à Chambéry, et je lance un appel à tous les Démocrates pour qu'ils se mobilisent contre les complices locaux du sarkozisme. Qu'il s'agisse de la réduction des inégalités, de la prise au sérieux des citoyens, ou de la priorité à l'éducation, leurs projets sont opposés aux nôtres.
jeudi 6 mars 2008
mercredi 5 mars 2008
On pourrait croire...
Fascisme à Chambéry ?
Je passe beaucoup de temps avec les membres de cette équipe, et même en privé je n'ai jamais rien entendu de tel. Chacun d'entre nous respecte assez les autres pour ne pas dire n'importe quoi. Tout le monde pourrait signer la simple phrase, "Xavier Dullin n'est pas un fasciste".
Pour ce qui me concerne, ce que je dis, je l'écris aussi : je pense qu'un parti qui a séduit en 2007 les électeurs du FN, ne peut séduire, en 2008, que des personnes qui n'ont pas une forte légitimité pour représenter le Mouvement Démocrate.
Je connais assez les méthodes de quelques uns de ceux-là, qui ont intégré la liste UMP, pour savoir que lorsqu'ils ne sont pas en mesure de convaincre, ils cherchent à se faire plaindre. Ils ne m'impressionnent pas. Ils ne devraient impressionner personne, c'est même un peu inquiétant qu'ils semblent y parvenir.
mardi 4 mars 2008
La droite à Chambéry
On a besoin désormais des apparences du MoDem, il ne faut pas montrer ce que ces partenaires ne sauraient voir.
Pour ce dont on parle moins dans les médias, et qui risque moins de choquer les partenaires, la droite locale parle comme la droite nationale, comme la droite mondiale, comme la droite éternelle.
Il faudrait par exemple entend-on, gérer la ville "comme une entreprise". Nous avons conquis le statut de citoyens, la droite nous promet celui de salariés, chouette! D'un bout de la journée à l'autre, des salariés, avec des patrons sympas. Des patrons enthousiastes, et qui n'en attendent pas moins de vous, des patrons hyperactifs, et qui n'en attendent pas moins de vous.
Ce projet repose sur une erreur de fond. Le temps de la vie n'est pas celui de l'entreprise. On le voit bien, nous qui faisons des campagnes. On ne ferait pas cela tout le temps! Même les plus belles entreprises, ne sont pas tout de la vie.
Je ne voudrais pas d'une vie nouvelle qui ne donnerait plus le temps d'exister. C'est un aspect important du projet des démocrates, les responsabilités ne doivent pas couper de la réalité. Je redoute un parti qui propose à toute une société de se couper de la réalité.
lundi 3 mars 2008
Notre engagement
En 2007, j’ai soutenu François Bayrou parce qu’il présentait avec franchise les crises de la société française : le manque de perspectives, le manque de fraternité, le creusement des inégalités. Il proposait de dépasser les clivages politiques pour répondre dans l’urgence mais aussi dans la réflexion, aux défis d’un nouveau siècle, où il faut agir de plus en plus vite.
Pour cela il faut veiller à la crédibilité de l’action de l’Etat. Or c’est exactement le contraire que montre Nicolas Sarkozy : on ne peut pas croire en sa sincérité.
On ne peut pas chercher à séduire ensemble les électeurs du Front National et ceux de François Bayrou, on se moque de tous alors, seulement pour être au pouvoir. Au pouvoir seulement pour dominer, et pas pour permettre à la société d’accéder aux possibilités de ce qu’elle veut entreprendre. Et si au lieu de d’ouvrir les bras le temps d’une campagne, on tendait sincèrement la main quand il le faut ? La fraternité est une valeur essentielle de la République, l’arrogance au contraire n’est pas un bon terreau pour elle.
Non seulement le pouvoir creuse les inégalités, mais symboliquement il s’est mis à parler aux riches comme on parle aux riches, et aux pauvres comme on parle à des pauvres. L’Etat s’est humilié devant les premiers, s’est montré humiliant face aux seconds. Son action n’est pas crédible.
L’alliance avec le parti de la « majorité présidentielle », même si maintenant il cache son nom, me semble tout à fait incompatible avec les engagements du Mouvement Démocrate.
Je sais qu’une large majorité des électeurs de François Bayrou ne veut pas de l’alliance avec l’UMP.
L’alliance avec l’UMP, tant pour les élections municipales que pour les élections départementales, ne résulte en rien d’un vote des adhérents, ils n’ont pas été consultés. Sur le fond, sans même revenir sur la forme, je conteste cette alliance. Je me félicite que la justice ait dit qu’il n’y avait là nulle atteinte à l’ordre public !
Le Mouvement Démocrate porte trop d’espoirs, trop d’énergies pour disparaître à peine né. Ce n’est pas un mouvement fatigué comme le sont devenus parfois les vieux partis, et il surmontera ses erreurs de jeunesse. Je pense que partout en France, et pas seulement à Chambéry, pas seulement en Savoie, tous ceux qui ont choisi de s’allier aux candidats de la majorité présidentielle seront désapprouvés par les électeurs pour leur manque de lucidité. Mais la relève est déjà là.
Pour Chambéry, j’ai choisi de soutenir avec Bernadette Laclais, le projet d’une économie sociale, d’une économie qui n’écrase pas où elle passe, mais qui cherche au contraire à comprendre le monde où nous vivons.
Mon engagement est le même pour la Savoie. Je ne veux pas qu’elle reste entre les mains d’un groupe dirigé par des leaders qui de notoriété publique se détestent entre eux, et ne s’entendent que pour garder le pouvoir. Je crois qu’il y aura une majorité au Conseil Général pour choisir une autre politique. Une politique orientée vers l’action, et pas par les ambitions.
mercredi 27 février 2008
La position du MoDem
Les militants du Mouvement Démocrates ont rejoint, à Chambéry comme dans plusieurs autres villes de France, ou bien la gauche ou bien la droite. C’est une situation un peu inédite pour un parti politique. Elle pose un problème de cohérence, un problème de clarté dans le débat politique. Je veux qu’une explication sur le fond ait lieu, pour mieux informer les citoyens, et pour éviter des excitations déplacées sur des questions de forme.
Le discours de François Bayrou a été entendu malgré, parfois, une certaine complexité. Il se fondait sur un devoir de vérité face aux urgences du monde où nous vivons. L’urgence écologique bien sûr, à laquelle l’opinion est devenue plus sensible, mais aussi l’urgence sociale, « sociétale », pour ceux qui vivent dans la souffrance. Le temps pèse à ceux qui souffrent, plus lourd que pour les favorisés. Il pèse à ceux dont les fins de mois, les mois entiers parfois, sont difficiles, il pèse à ceux qui subissent le mépris, les discriminations, à ceux pour qui la vie n’est pas facile, à ceux qui vivent très loin des « happy few », ces petits cercles de privilégiés dans lesquels évolue Sarkozy.
Le devoir de vérité conduit à une politique d’explication qui s’oppose à la politique de communication, à cette mise en scène permanente de coups médiatiques. François Bayrou l’a rappelé, avec d’autres responsables politiques, dans l’appel du 14 février, publié par Marianne. Appel à une vigilance républicaine.
Le résultat de François Bayrou à l’élection présidentielle de 2007, près de 20% des voix exprimées, a montré que prendre les électeurs au sérieux, ce n’est pas un suicide politique. Mais bien sûr ces électeurs intéressent désormais ceux qui, hier, ayant en tête le résultat de 2002, flattaient les électeurs de Le Pen. Je n’oublie pas les mots méprisants, les discours durs, qu’utilisaient alors Sarkozy et l’UMP, visages fermés, regards mauvais, cinglant ceux qui subissent déjà la honte des discriminations, et n’ont pas la possibilité, une fois la campagne terminée, de se reposer et de rire de tout cela sur un yacht.
Ces mêmes mots, cette même dureté, on l’entendait déjà en 1998 dans les couloirs du Conseil Régional Rhône-Alpes, lorsque les amis de Charles Million, les amis de ceux qui se prévalent désormais du « MoDem officiel », essayaient de conquérir le pouvoir avec l’aide du FN.
Aujourd’hui cette droite-là, professionnelle de la communication, s’adresse avec les mines qui conviennent, à l’électorat centriste. Elle est arrivée à obtenir l’aide de notables locaux, plus soucieux de conserver leurs sièges ou d’en conquérir d’autres, que d’assumer le discours de vérité de François Bayrou. C’est le centre des « bien-assis » ! Profitant de leur pouvoir, les hommes de ce vieux centre ont mis la main sur le Mouvement Démocrate, pour lui faire dire ce que la droite attendait, en échange de quelques postes.
Certains de nos militants, sincères mais peu expérimentés, s’y sont laissés prendre. Sans se rendre compte que si Le Pen avait devancé Bayrou, on ne les aurait pas traités de la même façon, que la magie des politiciens professionnels de la « com. » aurait visé d’autres cibles.
Nous, les démocrates, sommes très à l’aise avec toute l’équipe de Bernadette Laclais. Nous ne pensons pas tous de la même façon, nous n’hésitons pas à discuter la diversité de nos engagements, ce sont des discussions riches et franches. Entre nous il y a une volonté d’explication, et une volonté d’action dans la sincérité, pas ces manœuvres de séduction... qui précèdent la domination par la puissance. C’est très différent. C’est une différence de fond. Nous parlons dans l’attention au monde où nous vivons, pas avec des gens qui sont prêts à dire n’importe quoi à n’importe qui.
Jean-François Kahn a parlé de la naissance d’un « centrisme révolutionnaire », on a aussi employé l’expression de « centre de gravité ». Les Démocrates qui ont comme moi rejoint la gauche, veulent agir dans le calme de la réflexion, mais ils sont aussi révoltés contre les injustices, révoltés par la politique que conduit l’UMP, écœurés par les manières des politiciens prêts à s’allier au gré du vent avec n’importe qui.
C’est ce qui nous oppose très logiquement, très clairement, à ce que j’ai appelé le centre des « bien-assis ». La franchise de François Bayrou l’a autorisé à bousculer un peu les routines des appareils politiques. Quand on porte avec lui la volonté de répondre aux urgences sociales, on ne se soucie pas beaucoup des petites manœuvres qui visent à capter ce message, ou à revendiquer le monopole de l’usage légitime du Mouvement Démocrate pour mieux l’étouffer.
Michel Haudry
lundi 25 février 2008
samedi 23 février 2008
Alain Robbe-Grillet.
" A un lecteur de vingt ans, le nom d'Alain Robbe-Grillet ne dit sans doute rien. Pourtant ce vieil homme chenu a été, et reste, un repère réellement important, comme l'avait été, à sa manière, le Gide des Faux-monnayeurs. ARG fut en effet un novateur, certes parfois quelque peu ambigu, mais qui explora des voies nouvelles, chercha des procédés nouveaux pour le roman, bref, qui osa- et qui ose, prend des risques, non pour le seul plaisir de se distinguer, mais avec sincérité, pugnacité, intelligence. Il mérite notre estime, le Brestois. Né en 1922, l'ami des mouettes, sautillantes picoreuses, indifférentes à la statue de Jacques Cartier, fut d'abord ingénieur agronome, spécialisé dans les fruits et agrumes coloniaux, ce qui ne pouvait guère lui suffire mais se retrouve dans le regard porté sur les choses, comme chez Ponge, "un coin de pelure déchiré sur un millimètre ou deux" ( Les choses 1953, son 1er roman publié).
Ce passionné de mathématiques pures au point de construire Les gommes selon les principes de la géométrie non-euclidienne de Lobatchevsky et Riemann, convaincu qu'une œuvre réellement intéressante doit "être à elle-même sa propre fin, s'imposant comme nécessaire, mais nécessaire pour rien" - en cela, il est le digne émule de Flaubert - comment eût-il pu ne pas être tenté par le cinéma d'essai? La collaboration avec Resnais en 1961 donna l'irremplaçable "Année dernière à Marienbad". Scénariste lui-même ensuite, il nous donna par exemple, en 1967, Trans-Europ-Express, libre expression de son éternel dilemme entre théorie et action, mémoire et projection vers l'avenir.
Disparu Alain Robbe-Grillet, lui qui pensait qu'il y a toujours du nouveau? A nous de le retrouver dans La jalousie (1955), Djinn (1989), ou dans ce roman de lui-même qu'est Le miroir qui revient (1984), qui se clôt sur une phrase superbe : "Imbécile, va! Le thé, ça n'est jamais fini."
mardi 19 février 2008
dimanche 17 février 2008
L'histoire
Il faudrait que l'histoire puisse aller jusqu'à là, jusqu'à parler des vraies histoires de ce qui s'est passé vraiment. Jusqu'à devenir comme elle doit l'être, un début de l'engagement politique, un début d'inflexible volonté.
Il "faudrait", mais alors il faut le faire, pas imposer l'insoutenable à des enfants. Que la société soit sérieuse avant d'être terrible.
vendredi 15 février 2008
Les valeurs de la République
Je crois aussi que ces élections doivent nous donner l'occasion de sanctionner clairement la majorité présidentielle, en votant contre les candidats qui portent ses couleurs. Parce que les principes qui ont fait notre République sont menacés je crois, comme l'a dit François Bayrou, qu'une alliance des "reconstructeurs" contre Nicolas Sarkozy est nécessaire.
(cliquez sur le titre pour accéder au lien)
Michel Haudry
mercredi 13 février 2008
Le "local" du sarkozisme
Las, même quand Sarkozy essaie de se taire, c'est son "local" qui parle pour lui. Le "local" du sarkozisme, c'est Neuilly, petite société de cour où la grâce des favoris se heurte aux ambitions et aux ressentiments, où les politesses dissimulent les haines, où les faveurs préparent les disgrâces.
Faites la sociologie de Neuilly, vous comprendrez le "local" du sarkozisme, pour nous autres par exemple, ce qu'il en est aujourd'hui de l'Union Pour la Savoie, la droite départementale.
Michel Haudry
mardi 12 février 2008
Les transports en Savoie
Mercredi 13 février, à 20 heures
Salle jean Renoir
Merci Juan
dimanche 10 février 2008
Un engagement renouvelé
Venus de la vie associative, économique, sociale, ou politique de Chambéry, ces trente colistiers s'engagent pour la première fois pour un mandat municipal. Il sont porteurs de la volonté de poursuivre le développement équilibré de notre ville. Pour que ce développement se fasse en préservant la qualité des relations sociales, de notre environnement naturel, et de l'esthétique urbaine.
Ils représentent aussi ce style nouveau que Bernadette Laclais illustre depuis quelques mois dans son travail de Maire, et depuis quelques semaines en présentant son projet à nos concitoyens. Un style fait à la fois d'une grande clarté et d'une précision exigeante : "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement"... Qu'il s'agisse des évolutions globales ou des projets locaux, sa perception de l'avenir est accessible à la réflexion des citoyens.
Définir l'horizon du possible, percevoir les contraintes, affirmer ce que l'on croit souhaitable, c'est ainsi que doit se construire la nouvelle démocratie. Celle d'une société qui attend d'être mieux informée et mieux écoutée, pour des femmes et des hommes qui veulent mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, l'histoire à laquelle ils participent.
Michel Haudry
samedi 9 février 2008
jeudi 7 février 2008
Retour sur : la dette
Vent debout, François Bayrou y est allé quand même. Et on l'a entendu. Parce que la dette dont il parlait n'était pas ce qu'ils croyaient, celle qui accable les pauvres gens, et pousse les autres cupides à l'ivresse spéculative. Les démocrates ne confondent pas les chiffres qu'ils observent avec le monde dans lequel ils vivent. Ils essaient de ne pas devenir fous.
La dette est la marque d'une responsabilité à l'égard des générations qui suivent. François Bayrou a parlé de tout cela, on ne croyait peut-être pas le Peuple en mesure de se saisir de cette responsabilité, ou bien, peut-être encore, on se faisait à l'idée de l'en dessaisir. Voilà qui ne fait faire qu'un tour au sang des Démocrates. La dette pèse sur l'avenir, où la vie continue, la vie qui vaut mieux, on a raison de le dire, que les profits d'une minorité. Il faut s'imaginer que le Peuple est bien sot pour croire qu'il ne l'a pas compris.
La dette, c'est d'abord le risque sur la nature dans son ensemble, le risque d'une extinction de la vie du fait de l'homme, de notre fait. C'est aussi la situation d'une société qui se délite, où l'on soupçonne que l'homme puisse devenir un loup pour l'homme. C'est la dette éducative à l'égard des enfants qui n'ont pas appris à lire ni à penser. C'est la dette comme responsabilité à l'égard du monde vrai dont parlent les Démocrates.
Vous utilisez le chiffre, en voici, à Chambéry l'autofinancement brut dépasse le remboursement du capital emprunté. Quand on déchiffre, cela veut dire que la dette est maîtrisée et pas en spirale, d'un point de vue financier, c'est la différence entre l'art et la catastrophe. Et cela nous permet d'être dans une ville qui s'embellit, où chacun peut se sentir respecté, du moins mieux qu'ailleurs, dans une ville qui veut encore être améliorée, mais qui se sent bien.Il faut craindre la monnaie de singe, mais il est prudent d'emprunter pour investir.
mercredi 6 février 2008
La dette
L'important est dans le fond. Pour les administrations publiques, c'est comme pour les ménages, il y a deux catégories de dettes. Dans la première, la bonne, la charge de la dette se réduit avec le temps, ce qu'on observe à Chambéry. Quand on achète son logement, ou quand on aide un parent en difficulté, on s'endette pour de bonnes raisons. On prépare l'avenir, on prend le présent au sérieux.
Ce n'est pas le cas quand la dette s'aggrave à cause de mauvaises habitudes. La dette de Chambéry n'a rien à voir avec celles de Cannes ou de Levallois-Perret. Ce n'est pas une dette de flambeurs. C'est un engagement pour un avenir construit dans la confiance.
Michel Haudry
mardi 5 février 2008
Une 4ème liste à Chambéry?
Cependant je n'ai pas approuvé l'idée de cette liste, parce que je crois qu'il faut prendre en compte dans un projet municipal, les attentes de l'ensemble de nos concitoyens. Et surtout ne pas risquer de les diviser. Quand je considère ce qui a été fait à Chambéry, en matière de logement, de soutien aux associations, de consultation démocratique...quand je compare cela aux attitudes dont la droite est porteuse à l'égard de l'immigration, et d'une manière générale à l'égard des classes moyennes et populaires, je me dis qu'il y a mieux à faire en soutenant l'action de Bernadette Laclais.
Bon courage cependant à ce groupe, je connais l'intelligence et la sincérité de ses membres, je leur laisse volontiers la parole sur ce blog, et je souhaite qu'à l'avenir nous puissions faire avancer les choses ensemble.
Michel Haudry
dimanche 3 février 2008
A Lyon, démission de Christophe Gourgeon!
samedi 2 février 2008
Règles et langages
jeudi 31 janvier 2008
Pourquoi les Lissou n'ont plus de roi
mercredi 30 janvier 2008
Sport et santé
mardi 29 janvier 2008
Fraternité
Michel Haudry
dimanche 27 janvier 2008
Video games
samedi 26 janvier 2008
esquisse d'une démocratie délibérative
Il y a des urgences à très court terme, qui relèvent souvent d'une expertise technique. Mais les citoyens doivent pouvoir contrôler et évaluer les choix.
Les démocrates doivent veiller à la sincérité de l'information, à son accessibilité sociale, ils doivent maintenir un espace public de délibération.
Le rapport à la nature est bouleversé par les rapports de domination. Les hommes ne redeviennent eux-mêmes que dans un rapport d'égalité. Si l'équité suppose que les mérites soient reconnus et les difficultés prises en compte, l'égalité reste le principe d'une éducation démocratique. Celle qui développe l'humanité plutôt que les talents de comédien.
La capacité d'évaluer, de mesurer la valeur des choses dans leurs finesses, avance à taton. L'injustice la heurte. L'éducation doit redevenir l'exemple de relations de confiance à l'intérieur de notre société. Toutes les compétences et tous les moyens nécessaires doivent être mobilisés là où l'Ecole échoue à ouvrir le monde en ouvrant l'esprit.
La crise financière actuelle montre comment fonctionne un système qui s'aveugle sur les "fondamentaux", aussi bien sur les déficits que sur la précarité que l'on peut exploiter financièrement.
Aussi lourdes qu'en soient les conséquences, la spéculation reste un jeu, on ne peut pas jouer l'histoire de la même façon. La démocratie délibérative est le projet de penser l'histoire que nous voulons, de chercher à comprendre mieux ce qui se passe, d'oser nous y engager.
Michel Haudry
Changer la politique
Les femmes sont en mesure, pour des raisons qui ne sont peut-être que culturelles, d'améliorer l'action politique.
Beaucoup trop d'énergie est perdue dans des rapports de domination, qu'ils soient stratégiques, misérables, ou spectaculaires. Les hommes font encore les mâles entre eux à tous les étages.
Ce n'est pas sain. Notre rapport à l'avenir doit retrouver un "centre de gravité". Pour que l'action soit efficace et juste.
Michel Haudry
vendredi 25 janvier 2008
Génération Démocrate
à Lyon, Génération Démocrate propose autre chose que les compromissions avec Perben, autre chose que la confusion entre fidélité et servilité, allez leur rendre visite, découvrez un nouvel espace de la démocratie.
Parité
jeudi 24 janvier 2008
Soutien des Démocrates à Bernadette Laclais
Nous nous retrouvons dans sa double exigence de performance et de générosité pour Chambéry.
Nous faisons confiance à sa compétence, à sa maîtrise reconnue des dossiers, à son énergie pour préparer l'avenir.
Nous nous engageons à ses côtés avec nos valeurs, celles des Démocrates, pour répondre aux urgences de notre temps, pour avancer de toutes nos forces.
lundi 21 janvier 2008
La sincérité des engagements
La sincérité des engagements est une condition de la liberté démocratique. Je crois que les choix politiques doivent être autant que possible discutés au grand jour, sous les lumières de la délibération. Je ne fais pas mystère de mes choix parce que je n’ai jamais imaginé l’engagement politique comme une amputation volontaire de la liberté.
Après le 1er tour des élections présidentielles, j’ai attendu que François Bayrou ait parlé pour le faire. Ce qu’il a dit m’a bien sûr satisfait, mais même si son choix avait été différent, j’aurais soutenu au 2nd tour Ségolène Royal. J’ai dit pourquoi. Je crois qu’un démocrate ne peut pas se désintéresser de l’élection présidentielle sous prétexte que son favori n’est plus en course. Je ne me suis pas senti autorisé à rester boudeur, ni empêché par la crainte de dire ma préférence.
Je crois, et je l’ai dit aussi, que nous étions appelés à être en opposition politique à Nicolas Sarkozy. Je ne l’ai pas caché aux amis que j’ai au Parti Socialiste, et en particulier, à Bernadette Laclais, j’ai assuré que si nous nous trouvions dans l’impossibilité de constituer une liste à Chambéry, je la soutiendrais. Je souhaite que les militants du Mouvement Démocrate expriment, eux aussi, librement leur choix. Le caractère public de la réflexion n’a rien de fâcheux, il est simplement l’expression de la démocratie que le MoDem a choisi d’illustrer.
J’ai rejoint François Bayrou en 2002, il disait alors « quand on pense tous la même chose alors on ne pense plus rien du tout ». Les anciens se souviennent de cette insolence lancée à la face de l’UMP le jour où elle se constituait. Nous avons aimé cette formule. Relevons le défi inaugural qu'elle lançait, la force d’assumer la diversité, les citoyens attendent que nous disions librement nos choix. Michel Haudry
Sarkozy ne séduit pas les Démocrates
Nicolas Sarkozy a une communication qui séduit beaucoup. Il reste celui qui a séduit par le Kärcher, il est devenu celui qui séduit par l’ouverture. Il réunit ainsi sous son autorité des gens très divers, qu’il a séduits.
Nous, les Démocrates, nous montrons par notre attitude que la première règle de sagesse dans la démocratie, est de prendre garde à la séduction.
Nous sommes en opposition à un pouvoir qui se veut sans limite dans sa communication, et dont les actes suggèrent qu'il n'y a plus de limites à l'action.
Nous n'acceptons pas qu'une sinistre comptabilité détermine un quota d'étrangers à traquer dans les rues et à renvoyer « chez eux », nous n'acceptons pas que la France criminalise la détresse de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants, qui précisément n'ont plus de « chez eux » dans notre monde.
Nous n'acceptons pas qu'un détestable motif technique, ouvre la porte aux menaces totalitaires d'une manipulation politique de la génétique. La France doit être aux avant-postes du combat pour l'Homme, quand la tentation existe de le réduire socialement à un code.
L’opposition n’est pas une simple pose, aux critiques convenues, aux obstructions systématiques. Ce mot peut désigner une attitude toute différente de ce qu’était l’opposition du temps où c’était alternativement la gauche et la droite qui occupaient ce rôle. L'opposition des Démocrates est un appel à la réflexion politique des Citoyens, pour retrouver le sens du débat démocratique
L’opposition, pour nous, ne consiste pas à s’opposer à ce qu’un Gouvernement peut proposer pour le bien du pays.
Les Démocrates ne peuvent pas avoir cette conception de l’opposition parce qu’ils respectent la légitimité de la procédure démocratique, du Gouvernement démocratique, même quand ce Gouvernement ne leur plait pas.
Notre Mouvement Démocrate est une force politique en formation. La démocratie nous rassemble parce qu’elle est en danger. Que demain reste pour chacun un horizon de liberté, mais aujourd’hui nous sommes rassemblés pour exiger le respect des valeurs fondamentales de la démocratie : le respect de l’homme dans le monde, et du citoyen dans chaque nation.
La démocratie est le régime du droit réfléchi, délibéré, par opposition à l’usage de la force ou de la séduction. Elle permet d’espérer une réconciliation des hommes entre eux et avec eux-mêmes. Ce n’est pas ce que l’on voit du pouvoir de Nicolas Sarkozy.
L’ouverture politique proposée par François Bayrou a été caricaturée. Nous pensions que des partenariats clairs, publics, expliqués au pays, devaient permettre de s'attaquer enfin aux déchirures sociales dont souffrent des millions de nos concitoyens, dans la misère, l'abandon, et les humiliations. Nous pensons que cela oblige les responsables politiques à mieux s'écouter et à entendre le pays.
Mais que penser de ce transfuge nommé Ministre de la Défense ?
De cet autre aux Affaires étrangères ?...
La vampirisation de l'opposition n'est pas un signe respect, elle ne cherche même pas à le faire croire ; menée dans l'ombre, elle n'inspire que du dédain pour la faiblesse des hommes devant le pouvoir et les honneurs. Comme dans son rapport à l'argent, le pouvoir sarkoziste honore le cynisme. Nous pensons que c'est exactement le contraire que la politique devrait montrer.
Quel sens pouvait avoir alors la lecture, dans les écoles, de la lettre de Guy Môquet? Je n'y ai pas vu, non plus, un signe de respect. Plutôt le désir que les enseignants, le doigt sur la couture du pantalon, exécutent les ordres du chef. Avec les mots d’un jeune communiste allant mourir, mais au nom de celui qui se pavane avec des milliardaires et des stars, et que seul l’argent semble fasciner, et qui, le 8 mai, au lendemain de son élection, quand tous les maires de France honoraient devant le Monument aux Morts le souvenir de la Libération, se prélassait sur un yacht !
Que dire de la réduction de la dette qui commence en assurant les riches d’un « bouclier fiscal » ?
Des menaces sur le pouvoir d'achat des plus fragiles, en particulier les malades et les personnes âgées?
Quelle est la légitimité de ce secrétaire général de l’Elysée transformé en Premier Ministre ?
Que veut dire le Premier Ministre, transformé en directeur de cabinet, quand il répète qu’il serait « à la tête d’un Etat » quand il n’est pas même à la tête de son propre Gouvernement ? De ce Premier Ministre qui déclare cet Etat en faillite...comme si l’actuel Président n'avait pas été du Gouvernement responsable de la catastrophe, et avec lui son parti, l'UMP, au pouvoir depuis six ans?
Que dire de ces Ministres qui s’en vont assurant que la croissance économique se gagnera avec leurs dents...si longues soient-elles ce n’est pas sérieux.
L’Etat est devenu fou. Fou d’une communication qui peut dire n’importe quoi, tout et le contraire de tout. Nous devons combattre cela parce que dans la société contemporaine, c’est ce qui menace le plus la démocratie : un discours qui a besoin de la télé, sait habilement l'utiliser, mais s'émancipe de la raison, un discours qui fait perdre sens à la société.
Le fascisme aujourd’hui a les manières du berlusconisme. L’arrogance et la puissance se fondent sur la manipulation.
Alors bien sûr notre place, à nous les Démocrates, est dans l’opposition aux méthodes d’une droite qui n’est pas seulement…décomplexée.
Nous sommes une force de conviction qui s’oppose à la manipulation de l'opinion, nous sommes un Mouvement en action pour rendre la parole à des citoyens libres.
Les Démocrates doivent faire cet effort pour ne pas décevoir. L'UMP qui a symboliquement choisi de laisser vide l'espace de sa présidence, comme si cela évoquait désormais le sacré, est le parti d'un homme, le parti du Président. Nous ne pouvons pas maintenir d'alliances avec ce parti, cela ne ferait qu'ajouter à la confusion, et laisser entendre que, nous aussi, nous pourrions pour des postes, nous rallier à une politique que nous désapprouvons. Les stratégies médiocres inspirent des tactiques perdantes.
C’est la sincérité de notre message, c'est le courage de notre conviction, qui nous conduiront au succès. Une lectrice de Mariane, Aurore Vautrin, écrivait : « entre la cacophonie du PS et la voix inaudible du MoDem nous avons l'impression que plus personne ne nous représente, que notre désir de résistance n'est plus porté par personne » (Marianne n°545 du 29/09 au 5/10).
Il est temps de faire entendre enfin, vigoureusement, la voix du Mouvement Démocrate, de prolonger partout en France le message de François Bayrou. Ce message a été largement entendu, il a suscité un enthousiasme que nous n'avons plus le droit de refroidir.
Nous avons besoin de sortir des attitudes convenues. Le succès du Mouvement Démocrate en témoigne. Même s'il faut accepter des moments difficiles, face à l'empire des illusions, RESISTONS.
Michel Haudry




