lundi 24 mars 2008

Agir en Démocrates

J'ai laissé passer quelques jours de silence après la campagne. Comme je n'ai pas disposé pour les cantonales d'autres locaux que mon appartement, il y avait un peu de rangement à faire...
Et puis, comme les Chambériens le savent, notre équipe municipale m'a confié des délégations à l'enfance, la jeunesse, la vie étudiante, et aux structures socio-culturelles. Ce sont des dossiers que j'ai voulu ouvrir sans tarder.
Les âges dont je m'occupent passent vite, et ils sont décisifs pour la vie. Je vais prendre le temps d'écouter ceux qui œuvrent sur le terrain. Je me méfie de la désillusion qui menace toujours un excès d'enthousiasme pour ses propres idées. L'action politique doit tenir compte de l'épaisseur du réel, de sa profondeur, de sa sensibilité. C'est à mes yeux le premier principe de la démocratie.
Le second, c'est que les élus doivent faire partager le plus largement possible dans la société leur volonté d'agir. Offrir à chacun le pouvoir d'agir, plutôt que de le prendre à tous. C'est cela que nous avons affirmé dans l'Appel des Démocrates. Cette liberté guidera nos pas.
Ne croyez pas que cela demande un courage particulier : il y a plus de peine à étouffer ses convictions qu'à les vivre.

dimanche 16 mars 2008

Au soir du 2ème tour

François Bayrou a perdu à Pau. C'est dommage, c'est un peu injuste. François paie le prix fort pour des ambiguïtés qu'il n'était pas facile de lever, à quelques mois de la constitution de notre Mouvement.
La plupart de nos Parlementaires nous ont quittés pour se rapprocher du pouvoir. Restaient dans beaucoup de départements des notables plus modestes, qui ont au bout du compte adopté la même attitude que le "nouveau centre"... en utilisant le nom du MoDem.
Ce que nous avons vécu en Savoie n'est pas un cas unique, hélas. Le président de l'ancienne UDF s'est allié en notre nom avec toute la droite départementale. Pour les électeurs de François Bayrou que j'ai eu l'occasion de rencontrer, ce spectacle a été pénible, a résonné comme une trahison. Je ne les ai pas démentis, j'ai rajouté qu'il était grotesque. Grotesque parce que Patrick Mignola n'a pas manifesté jusqu'alors beaucoup d'estime, c'est le moins que l'on puisse dire, pour Michel Bouvard, Xavier Dullin, Luc Berthoud, Jean Bollon, etc..., et que les élans du cœur qu'il a feints à leur égard, n'avaient pour but que la vice-présidence du conseil général, et la présidence de Chambéry Métropole.
J'ai eu l'occasion d'en entendre d'autres que lui, qui prenaient tout le monde sauf eux pour des imbéciles. Ils ont terni notre image. La démocratie est une urgence, nos actes nous menacent, le désir de domination est un danger. Les démocrates n'agissent pas ainsi.
Je le dis aux amis de Patrick Mignola comme je l'ai dit à ceux qui voulaient se réclamer du MoDem à La Motte Servolex, la démocratie a besoin de paroles libres, pas de "grandes gueules". Les Démocrates sont des partenaires exigeants, pas des maquignons entêtés.
Alors bien sûr, c'est dommage et c'est injuste, que François Bayrou ait eu à payer le prix de ces médiocrités avec lesquelles il n'a rien à voir, ni lui, ni les millions de gens qui partagent ses convictions.
Mais le Mouvement Démocrate est une force naissante, encore fragile, comme notre siècle, qui n'a pas dit son dernier mot.

mercredi 12 mars 2008

MOBILISATION

Alors que la position du MoDem est ambiguë au niveau national, je tiens à préciser ce que j’ai défendu dans le Mouvement et devant les électeurs.
Deux projets de société s’opposent très clairement depuis les élections présidentielles. Celui porté par Nicolas Sarkozy et l’UMP vise à adapter notre société à l’économie de marché mondialisée. François Bayrou et Ségolène Royal ont proposé, au contraire, de maîtriser les mécanismes qui écrasent la vie réelle des gens. Il y a des différences que je n'ignore pas entre le MoDem et le PS, mais il faut distinguer le secondaire de l'essentiel.
Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, les inégalités s’accroissent, l’éducation est malmenée, les services publics de proximité sont menacés, la mise en scène du pouvoir se substitue à l’analyse des problèmes réels.
C’est le contraire qu’il faudrait pour faire repartir la France, pour libérer ses forces. Les collectivités locales ont les moyens d’y contribuer.
J’invite tous les électeurs Démocrates à se mobiliser, à mobiliser leurs amis, pour faire barrage aux candidats de la majorité présidentielle dimanche prochain : en particulier à La Motte-Servolex, à Saint-Jean de Maurienne, et dans tous les cantons où il reste possible de faire basculer la majorité du Conseil Général. La démocratie repose sur la conviction et la mobilisation de chacun.

lundi 10 mars 2008

Démocrates:le retour

Vendredi à 0 heure, je me suis tu, comme la loi l'exige. Rousseau disait qu'il fallait que les citoyens puissent se retrouver "dans le silence des passions". C'est le point de vue des Démocrates.
Les élections ont eu lieu, la vie reprend son cours. Je salue d'abord le superbe succès de Bernadette. Il est mérité, parce qu'il s'est fondé sur une relation sincère, sérieuse et franche avec les électeurs.
Aux élections cantonales, nous avons avec Cathy, dépassé les 11% des suffrages, un score supérieur à celui du MoDem aux dernières élections législatives. C'est sur un projet Démocrate que les électeurs nous ont fait confiance. Qu'ils soient assurés de notre sincère reconnaissance.
La direction provisoire du MoDem a fait des choix qui nous ont exposé au ridicule. Je ne pense pas que les époux Bollon puissent être notre seule représentation "légitime" à Chambéry.
J'ai déjà dit et je le redis, que ceux qui ont accepté de s'allier en 2008 avec un parti qui en 2007 draguait les électeurs du FN, ont peu de légitimité pour représenter le Mouvement Démocrate. Je suis heureux qu'ils aient perdu à Chambéry, et je lance un appel à tous les Démocrates pour qu'ils se mobilisent contre les complices locaux du sarkozisme. Qu'il s'agisse de la réduction des inégalités, de la prise au sérieux des citoyens, ou de la priorité à l'éducation, leurs projets sont opposés aux nôtres.

mercredi 5 mars 2008

On pourrait croire...

On pourrait croire en voyant cette image, qu'il s'agit de trois chefs de l'Union Pour la Savoie s'évaluant entre eux. Mais non, ce sont trois chefs de l'UMP qui s'expriment sur leurs adversaires.

l'UMP


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Fascisme à Chambéry ?

Il court dans la droite chambérienne, le bruit que quelqu'un de notre équipe aurait traité Xavier Dullin de fasciste. Rien de moins!
Je passe beaucoup de temps avec les membres de cette équipe, et même en privé je n'ai jamais rien entendu de tel. Chacun d'entre nous respecte assez les autres pour ne pas dire n'importe quoi. Tout le monde pourrait signer la simple phrase, "Xavier Dullin n'est pas un fasciste".
Pour ce qui me concerne, ce que je dis, je l'écris aussi : je pense qu'un parti qui a séduit en 2007 les électeurs du FN, ne peut séduire, en 2008, que des personnes qui n'ont pas une forte légitimité pour représenter le Mouvement Démocrate.
Je connais assez les méthodes de quelques uns de ceux-là, qui ont intégré la liste UMP, pour savoir que lorsqu'ils ne sont pas en mesure de convaincre, ils cherchent à se faire plaindre. Ils ne m'impressionnent pas. Ils ne devraient impressionner personne, c'est même un peu inquiétant qu'ils semblent y parvenir.

mardi 4 mars 2008

La droite à Chambéry

On nous dit, c'est la mode, que la droite locale ne s'occupe dans sa campagne que d'affaires locales. Pas seulement à Chambéry, mais partout, on oublie Sarkozy, on oublie l'UMP, on se concentre sur sa ville, ou sur son canton. Il y a quelques mois, quand ils pensaient lui rapporter les clefs de la ville, les candidats UMP ont pris en compagnie du Président des photos, qui ne restent qu'en négatif.
On a besoin désormais des apparences du MoDem, il ne faut pas montrer ce que ces partenaires ne sauraient voir.
Pour ce dont on parle moins dans les médias, et qui risque moins de choquer les partenaires, la droite locale parle comme la droite nationale, comme la droite mondiale, comme la droite éternelle.
Il faudrait par exemple entend-on, gérer la ville "comme une entreprise". Nous avons conquis le statut de citoyens, la droite nous promet celui de salariés, chouette! D'un bout de la journée à l'autre, des salariés, avec des patrons sympas. Des patrons enthousiastes, et qui n'en attendent pas moins de vous, des patrons hyperactifs, et qui n'en attendent pas moins de vous.
Ce projet repose sur une erreur de fond. Le temps de la vie n'est pas celui de l'entreprise. On le voit bien, nous qui faisons des campagnes. On ne ferait pas cela tout le temps! Même les plus belles entreprises, ne sont pas tout de la vie.
Je ne voudrais pas d'une vie nouvelle qui ne donnerait plus le temps d'exister. C'est un aspect important du projet des démocrates, les responsabilités ne doivent pas couper de la réalité. Je redoute un parti qui propose à toute une société de se couper de la réalité.

lundi 3 mars 2008

Notre engagement

En 2007, j’ai soutenu François Bayrou parce qu’il présentait avec franchise les crises de la société française : le manque de perspectives, le manque de fraternité, le creusement des inégalités. Il proposait de dépasser les clivages politiques pour répondre dans l’urgence mais aussi dans la réflexion, aux défis d’un nouveau siècle, où il faut agir de plus en plus vite.

Pour cela il faut veiller à la crédibilité de l’action de l’Etat. Or c’est exactement le contraire que montre Nicolas Sarkozy : on ne peut pas croire en sa sincérité.

On ne peut pas chercher à séduire ensemble les électeurs du Front National et ceux de François Bayrou, on se moque de tous alors, seulement pour être au pouvoir. Au pouvoir seulement pour dominer, et pas pour permettre à la société d’accéder aux possibilités de ce qu’elle veut entreprendre. Et si au lieu de d’ouvrir les bras le temps d’une campagne, on tendait sincèrement la main quand il le faut ? La fraternité est une valeur essentielle de la République, l’arrogance au contraire n’est pas un bon terreau pour elle.

Non seulement le pouvoir creuse les inégalités, mais symboliquement il s’est mis à parler aux riches comme on parle aux riches, et aux pauvres comme on parle à des pauvres. L’Etat s’est humilié devant les premiers, s’est montré humiliant face aux seconds. Son action n’est pas crédible.

L’alliance avec le parti de la « majorité présidentielle », même si maintenant il cache son nom, me semble tout à fait incompatible avec les engagements du Mouvement Démocrate.

Je sais qu’une large majorité des électeurs de François Bayrou ne veut pas de l’alliance avec l’UMP.

L’alliance avec l’UMP, tant pour les élections municipales que pour les élections départementales, ne résulte en rien d’un vote des adhérents, ils n’ont pas été consultés. Sur le fond, sans même revenir sur la forme, je conteste cette alliance. Je me félicite que la justice ait dit qu’il n’y avait là nulle atteinte à l’ordre public !

Le Mouvement Démocrate porte trop d’espoirs, trop d’énergies pour disparaître à peine né. Ce n’est pas un mouvement fatigué comme le sont devenus parfois les vieux partis, et il surmontera ses erreurs de jeunesse. Je pense que partout en France, et pas seulement à Chambéry, pas seulement en Savoie, tous ceux qui ont choisi de s’allier aux candidats de la majorité présidentielle seront désapprouvés par les électeurs pour leur manque de lucidité. Mais la relève est déjà là.

Pour Chambéry, j’ai choisi de soutenir avec Bernadette Laclais, le projet d’une économie sociale, d’une économie qui n’écrase pas où elle passe, mais qui cherche au contraire à comprendre le monde où nous vivons.

Mon engagement est le même pour la Savoie. Je ne veux pas qu’elle reste entre les mains d’un groupe dirigé par des leaders qui de notoriété publique se détestent entre eux, et ne s’entendent que pour garder le pouvoir. Je crois qu’il y aura une majorité au Conseil Général pour choisir une autre politique. Une politique orientée vers l’action, et pas par les ambitions.